Le Mali d'abord
Les Maliens doivent être les auteurs de la paix ; les partenaires extérieurs en sont les garants et les financiers, non les rédacteurs.
Architecture d'une sortie de crise : de l'histoire des ruptures à la construction d'une paix durable.
Document de travail à l'usage des médiateurs, des institutions régionales et internationales, fondé sur l'histoire politique du Mali de 1960 à 2026, l'analyse comparée de douze sorties de conflit et les cadres normatifs de l'Union africaine et des Nations unies.
Le plan en une page
On ne négocie pas sous blocus, on ne signe pas sans garants, on n'applique pas sans capacité, on ne consolide pas sans justice.
10 ans
Horizon de consolidation
4
Phases coordonnées
4
Piliers d'action
8
Mécanismes institutionnels
Le plan ne se présente ni comme un manifeste, ni comme un réquisitoire. Il propose un cadre de discussion pour ceux qui portent une part de responsabilité dans le règlement du conflit malien.
Les Maliens doivent être les auteurs de la paix ; les partenaires extérieurs en sont les garants et les financiers, non les rédacteurs.
Négocier n'est pas céder : un plan crédible fixe des lignes rouges et négocie tout ce qui peut l'être sans renoncer au socle républicain.
Le plan articule contrainte et négociation, car aucun accord sans capacité d'exécution ne produit une paix durable.
La restauration de l'ordre constitutionnel est une condition technique de la paix : un État en défaut de légitimité ne peut ni signer, ni faire respecter un accord.
Le Mali ne connaît pas une crise unique, mais la superposition de cinq conflits : question irrédentiste au Nord, insurrection jihadiste transnationale, guerre intercommunautaire au Centre, crise de régime et rivalité géopolitique.
L'instabilité malienne est structurelle : cinq coups d'État depuis 1960 montrent une séquence récurrente de crise, discrédit du pouvoir civil et rupture militaire.
Aucun camp ne peut l'emporter militairement : les groupes armés ne prennent pas la capitale, l'armée ne reprend pas durablement tout le territoire.
Le centre de gravité du conflit s'est déplacé du territoire vers l'économie, avec le blocus des carburants et les sabotages des réseaux essentiels.
L'alliance de circonstance entre le Front de libération de l'Azawad et le JNIM constitue un événement stratégique majeur, mais leurs projets incompatibles ouvrent une fenêtre de médiation.
L'architecture de garantie a été démantelée : fin de la MINUSMA, dénonciation de l'Accord d'Alger, retrait de la CEDEAO et retrait annoncé de la Cour pénale internationale.
Le pluralisme politique a été supprimé au moment où il devenait un instrument de paix et un canal non violent d'expression des désaccords.
La dépendance à des auxiliaires militaires étrangers a un coût politique supérieur à son rendement tactique et nourrit les récits de recrutement armé.
Le coût humain est devenu le premier argument de la paix : assistance humanitaire massive, déplacements, écoles fermées et économie urbaine fragilisée.
Une fenêtre diplomatique s'est ouverte en 2026 grâce à des canaux régionaux, des libérations obtenues discrètement et une réactivation de facilitations africaines.
Le plan se lit comme une matrice : chaque pilier progresse simultanément à travers quatre phases temporelles.
Restaurer un espace politique, organiser les Assises nationales, conclure un accord global, puis consolider le statut de l'opposition et le contrôle démocratique de la sécurité.
Obtenir des trêves locales, un cessez-le-feu vérifié, un DDR progressif et une réforme du secteur de la sécurité pour bâtir une armée républicaine professionnalisée.
Rouvrir les services de base, soutenir les accords locaux, engager une régionalisation asymétrique et permettre le retour volontaire des déplacés avec réparations.
Normaliser les relations de voisinage, obtenir des garanties africaines, mobiliser les partenaires et inscrire les coopérations militaires dans un cadre transparent.
M0–M6
Faire baisser la létalité et rouvrir des canaux, sans préalable politique.
Les processus de paix maliens ont buté sur un État trop faible ou trop contesté pour exécuter ce qu'il avait signé. Ce plan inverse la séquence : l'État doit redevenir signataire crédible avant que le désarmement puisse suivre.
Primauté malienne
Dissociation des revendications politiques, communautaires et transnationales
Réciprocité mesurable
Non-négociabilité du socle républicain
Justice utile
Proximité des réponses locales
Non-alignement actif
Irréversibilité institutionnelle
Ce que le plan refuse explicitement
Chaque mécanisme est défini par un mandat, une composition, un pouvoir et un financement afin d'éviter les faiblesses des dispositifs antérieurs.
Dégager par consensus les orientations d'un règlement politique, avec une présidence indépendante et un mandat limité à la paix.
Combiner un cercle malien, des garants régionaux et un appui technique international, avec une règle stricte de confidentialité.
Constater les violations, établir les faits et publier des rapports légers, permanents et publics.
Organiser le désarmement, la démobilisation, la réintégration et les dispositifs spécifiques pour femmes, mineurs et jeunes à risque.
Relier vérité, poursuites sélectives, réparations, réconciliation et recommandations contraignantes de réforme.
Mettre en place une régionalisation asymétrique, constitutionnelle, dotée de compétences, ressources et clauses de rendez-vous.
Financer sur dix ans la réintégration, les réparations, la reconstruction des services et le développement territorial.
Suivre tous les engagements, publier des rapports trimestriels et déclencher un arbitrage automatique en cas de blocage.
Le document propose douze actes réalisables en cent jours pour produire des effets immédiatement constatables et créer une preuve précoce de bonne foi.
La tâche n'est pas de convaincre les adversaires de renoncer à leurs objectifs, mais d'ouvrir une voie où ces objectifs deviennent accessibles autrement que par les armes.